lundi 25 janvier 2010

Gainsbourg, le film

C'est peu dire que je suis très partagée sur ce film... j'ai beau avoir envie de l'aimer, j'ai quand même trouvé le temps un peu long. Je suis déchirée entre l'auto-obligation que j'ai à le trouver génial ce film parce que j'ai une amie dedans, et le fait que je suis quand même pas très bon public. Alors vous aurez droit à deux critiques, une pour, une contre (style genre, l'autre, elle se prend pour Télérama en une seule personne). Bah oui, après Gainsbourg/Gainbarre, voici Bisounours/Bisounar.




La critique du Bisounours

La vie héroïque de Gainsbourg est un conte, et en cela il ne faut pas prendre le titre au sens pompeux du terme, mais uniquement en son sens propre. Gainsbourg est un héros, au même titre que le chat botté, ou mieux, qu'Ulysse. Il est même un héros maudit : enfant juif sous l'Occupation, peintre insatisfait, pour ne pas dire raté, un physique pas facile... Et comme beaucoup de héros d'histoires d'enfant, il a un double, ou un ami imaginaire : la Gueule, une espèce de corbeau en costard noir monté sur échasse. Le travail des effets spéciaux est d'ailleurs fort réussi. Mais ne vais pas on plus vous raconter toute l'histoire, surtout que comme tous les contes connus, on connait l'histoire par cœur.

Le film commence par un merveilleux générique dessiné par Sfar. On se cale dans son siège, on est content. Tout commence avec poésie et jeux. C'est drôle, on en redemande.
L'interprétation des acteurs est fabuleuse, celle de Eric Elmosnino en particulier : son mimétisme est troublant. Ils sont bons, ils sont touchant, ils sont drôles.

Oui mais...

La critique du Bisounar

Il parait que ce n'est pas une biographie, mais un conte... Le conte de Joann Sfar même, genre le mec il est au niveau de Grimm ou de Perault ! Et si la narration a le coté stéréotypé du conte, on n'entre pas tellement dans les détails psychologiques des personnages qui frisent presque la caricature et on ne nous raconte que les grandes étapes de sa vie (celles que tout le monde connait déjà) de manière linéaire et chronologique. Et si le film est parsemé d'apparitions de personnages imaginaires, fleurs de l'imagination du héros (son double maléfique, l'homme à la tête de chou), on ne nage pas non plus en pleine folie, et c'est dommage. Pourquoi ne pas avoir été plus loin ??? Les scènes isolées du chat ou des cornichons paraissent comme sorties de nulle part...

Je parlais en mode Bisounours du casting fabuleux... Mais sérieusement ? Philippe Katherine en Boris Vian ????? Sarah Forestier en France Gall ???? Si le premier tient du sacrilège, le second est d'une cruauté pour tout ceux qui joue, ou on joué du piano debout dans leur enfance !!!
Pour tous les autres acteurs, je suis ok, ils sont bons, excellents même, mais là, non !!

Le film prend tour à tour un ton ludique, enfantin puis poétique. Il devient presque burlesque, puis plus noir, presque cynique et un rien pompeux. Comme la vie de Gainsbourg me direz-vous, oui mais le ton n'en est pas moins décousu, incohérent, comme si Sfar avait voulu faire plusieurs films, ou plutôt comme si il n'avait pas réussi à faire de choix. On accroche, on est ravi même jusqu'à l'arrivée de Birkin, puis c'est trop, et c'est lent, et ça en devient chiant. Less is More. Car à partir de là, le film aligne les anecdotes, les épisodes connus de la vie du chanteur . Et si on n'est pas captivé par l'épisode Birkin, on est assez dépité par celui de Bambou, ou par le lyrisme déplacé des scènes finales, quasi QQ la praline, pour rester polie. Mais pire, le film dépeint lamentablement la fin de sa vie : l'arrivée de Gainsbarre se montre fort gauche et l'autodestruction de Serge Gainsbourg arrive sans raison expliquée et sans lien avec le reste, comme si le fil conducteur du film s'était brisé. C'est filmé par fragments pudiques et incohérents. On sort de la salle avec un goût de trop peu. Il a été trop timide ou pas assez. Ce n'est ni une biographie ni un conte, c'est un brouillon. Si seulement il avait poussé plus loin la folie !!!



Pour critiquer plus, Libération, Le Monde ou Télérama
De jolie chose sur le site : www.gainsbourg-lefilm.com

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