jeudi 28 février 2008

Paris


Le dernier film de Klapisch est un film sur la vie. C'est l'histoire de Pierre, un danseur malade du coeur, interprété par un Romain Duris brillant. C'est à travers lui qu'on voit Paris, quelque part entre quotidien et contemplation, car il observe de sa fenêtre la ville et les gens qui déambulent, leur inventant une vie. Autour de lui s'entrecroisent des histoires, des rencontres... sa sœur Elise (Juliette Binoche) et le marchand de légumes (Albert Dupontel), ce dernier et son ex-femme (Julie Ferrier), celle-ci et le poissonnier (Gilles Lellouche), une étudiante (Mélanie Laurent) et son professeur (Fabrice Lucchini), celui-ci et son frère (François Cluzet), la boulangère (drôlissime Karine Viard) et ses apprenties (dont Sabrina Ouazani, découverte dans La graine et le mulet) On croise aussi Zinedine Soualem, Olivia Bonhamy, Anne-Lise Hesme et Audrey Marnay en bourgeoises désœuvrées, Maurice Benichou en psy et quelques autres.

Le ton est juste, on est dans une vie entre les larmes et le rire qui prennent à la gorge. Klapisch résiste aux ficelles scénaristiques faciles, le rythme du film le rend criant de vérité, des scènes intimes et dramatiques entre Duris et Binoche, aux scènes heureuses (le babysitting, la fête) ou comiques (la danse de Lucchini, sa rencontre avec le psy, ou avec le producteur télé, les persiflages de la boulangère...).

Pour ce portrait de la ville et de ses habitants, on traverse un peu tous les recoins de la ville, des quartiers historiques (la Sorbonne, les Jardins du Palais Royal), touristiques (Montmartre, la Tour Eiffel, la Tour Montparnasse, les Catacombes), aux quartiers populaires (Belleville, Gambetta, Nation) en passant par ceux qui se construisent (autour de la Bnf), et on rencontre toutes les classes sociales et culturelles qui composent la ville, des immigrés (scène fabuleuse et hilarante de dispute des camerounais dans le bureau d'Elise), aux bourgeois (dont la présence certes nécessaire est peut-être le point faible du film), en passant par tous les autres.

Si l'on prend ce film pour ce qu'il est, un moment de vie, un film de Klapisch en somme et non pour ce que l'on appelle traditionnellement un film français (le plus souvent une torture d'intellectuels s'interrogeant sur les rapports de couples), si l'on ne cherche pas à savoir ce qu'il a bien pu vouloir dire (si ce n'est qu'on est toujours envieux de la vie d'un autre et que le parisien est râleur) et que l'on prend le film comme il vient, sans tout intellectualiser (je ne vous dis pas sans rien intellectualiser, c'est loin d'être un film pour imbéciles), on passe un très bon moment de cinéma (pour une conclusion, c'est un peu une phrase à la con ça, hein, on fait ce qu'on peut).



3 commentaires:

jean-philippe a dit…

Oui !! j'ai beaucoup aimé le dernier Klapish (comme quasi tout ses films d'ailleurs !) L'histoire est prenante et je trouve Juliette Binoche et Romain Duris impressionnants par la densité et la profondeur de leurs jeux respectifs !! le montage et la mise en scène du film sont réussis !!! il y a un coté Lelouch(bon époque) dans ce long métrage ! comme tu le dis, quelque chose de frais et d'ennivrant à la fois

Nancy a dit…

Je me réjouis de le voir!!
gros bec!

lepetitmoutonaimelamode a dit…

@jean philippe
un côté Lelouch ? Oh non !!!

@nancy
tu me diras ce que tu en as pensé.